MINIPEST (2018-2024) : L'audace du « dernier recours »

Peut-on produire pour l’industrie tout en réduisant les pesticides à leur strict minimum ? C’est le défi qu’a relevé l’exploitation du Campus d’Arras avec le projet Minipest. Durant six ans, notre ferme s’est transformée en un véritable laboratoire à ciel ouvert pour tester une agriculture de rupture, où la chimie n’intervient qu’en ultime recours.

Le Concept : Innover pour ne plus subir

Initié dans le cadre d’Ecophyto, Minipest avait un objectif clair : dépasser les 50% de réduction d’intrants pour atteindre une baisse durable et systémique. Nous avons comparé deux visions du métier sur une rotation de 6 ans (Betterave, Pomme de terre, Blé, Pois, Colza).

  • La modalité de Référence : Une conduite sécurisée pour un haut niveau technico-économique
  • La modalité Innovante : La priorité absolue aux solutions alternatives. Ici, le produit phytosanitaire est l’exception, pas la règle.

Nos leviers : La boîte à outils du changement

Pour réussir ce défi, nous avons combiné une multitude de stratégies agronomiques.

  • Le génie végétal : Utilisation de variétés résistantes (mildiou, cercosporiose) et décalage des dates de semis pour éviter les pics de pression.
  • Le désherbage mécanique : Mise en action de la herse étrille et de la bineuse (buttage) sur pommes de terre et betteraves.
  • Le pilotage de précision : Utilisation d’Outils d’Aide à la Décision (OAD) comme Mileos® pour ne traiter que si le risque est réel.

Les résultats : Ce que la donnée nous raconte

Minipest n’est pas qu’une intention, c’est une preuve par le chiffre. Voici le bilan de six années d’expérimentation.

  • L’Indice de Fréquence de Traitement (IFT) : Une victoire majeure avec une baisse globale de -52,2%. Sur la betterave, nous avons même atteint -73% d’utilisation de produits.
  • Le bilan environnemental : Une réduction des émissions de gaz à effet de serre de -2% et une baisse des charges d’intrants de -15%.
  • Le revers de la médaille : L’innovation demande du temps ! Nous avons noté une hausse de +4% du temps de travail et une légère baisse de la marge brute.

Ces résultats montrent que la transition est possible, mais qu’elle nécessite une adaptation du modèle économique pour les agriculteurs

Le Coin Pédagogique : Apprendre sur le terrain

Comme le souligne la facilitation graphique de Nicolas Sampson, une ferme de lycée agricole est un carrefour d’échanges.

Nos étudiants en BTS ACD (Agronomie et Cultures Durables) ne sont pas de simples observateurs :
  • Ils réalisent les notations de pression de maladies et les prélèvements de rendement.
  • Ils analysent les échecs, comme la gestion des vivaces (chardons, vulpins) qui reste un défi complexe en système réduit.
  • Le clou du spectacle : Ce sont eux qui présentent ces résultats aux professionnels lors des visites d’essais, devenant ainsi les ambassadeurs des pratiques de demain.

Projet financé par

En partenariat avec